Le parc national de Sajama

Publié le par Céline

Nous avons quitté Sucre samedi soir à 19 heures par le bus de nuit pour La Paz mais nous nous sommes arrêtés un peu avant, à Patacamaya.

Il est 5 heures et demie, le soleil va se lever et après avoir été bercés par le chauffage du bus, nous sommes saisis par le froid. Dehors, une multitude de mini bus pour toutes les correspondances et une foule de personnes déjà levées enroulées dans des couvertures pour se protéger des températures glaciales. En fait, Patacamaya c’est la seule ville, où plutôt commune dans les environs, alors le dimanche, tout le monde fait le déplacement pour acheter ses commissions de la semaine.

A côté de nous, un bar restaurant qui n’ouvre qu’ à 7 heures…

Nous patientons sagement une heure et demie jusqu’à l’ouverture pour avoir un petit-déjeuner. Nous nous installons dans le bar avec des rêves pleins la tête.

Guillaume pense à une montagne des pancakes tandis que je m’imagine avec un bol de chocolat chaud épais de chez Ladurée.

Nous sommes vite tirés de nos rêveries, ici le menu est unique, bol de café et morceau de pain sec! Pas la peine de réclamer de la confiture. Nous avions tellement faim que nous aurions même accepté du beurre non salé!

Recahaupis, nous marchons vers un croisement sur les conseils des habitants, afin de prendre un mini bus pour Sajama. Arrivés au croisement, un homme nous explique que notre arrêt se situe plus loin, à la «feria». Nous avançons jusqu’à la place où effectivement à lieu une «feria» aujourd’hui, comprenez «marché au bétail».

Une foule envahit la place avec en laisse le bétail acheté. Des vaches, taureaux, moutons, cochons et même des lamas. Une fois achetés, ils sont ficelés sur le toit des mini vans d’où ils profiteront d’une vue panoramique du paysage en rentrant dans leurs nouveaux domiciles.

A la feria, on nous explique que l’arrêt est encore plus loin, sur la place du marché.

Dociles, nous poursuivons notre route jusqu’au marché.

Ici on trouve tout et n‘importe quoi: des fruits et légumes, de la viande, des chapeaux, de la coca bien sur, du papier toilette (denrée rare…), des vêtements, du pain, des fournitures scolaires, des lits, des chaussures, des céréales, des vélos…. C’est le supermarché à ciel ouvert!

Au marché, on nous explique que notre arrêt se situe quelques rues plus loin.

Une fois de plus nous faisons confiance au gens mais commençons à en avoir un peu mare de marcher avec nos gros sacs. Nous trouvons un mini bus et l’arrêtons. Le chauffeur nous dit que l’arrêt n’est pas du tout ici et vu nos têtes déprimées nous propose de monter avec lui, il nous déposera au véritable arrêt.

Nous le remercions chaleureusement mais sommes un peu sceptiques en arrivant à destination, en fait nous sommes revenus à notre point de départ… Nous patientons quelques minutes et enfin, un mini van pour Sajama. Nous lui faisons en signe et en montant confirmons tout de même la destination avec le chauffeur. Ce dernier nous explique qu’effectivement, c’est bien ici que l’on prend le bus pour Sajama la semaine, mais le dimanche, l’arrêt se trouve bien plus loin… Forcément, nous sommes dimanche!

Notre arrêt se situait bien où nous étions tout à l’heure après la place du marché… C’est reparti pour un petit tour de la ville, la féria puis le marché et enfin les ruelles…

Ca fait une heure qu’on nous fait tourner en bourrique et enfin, un mini van face à nous. Nous demandons au chauffeur qui nous confirme que la destination est bien la bonne. Youpi, on enlève nos sacs que nous ne supportons plus, les montons sur le toit du van et prenons place.

On attend…

On attend quoi d’ailleurs? Peut-être que le van soit rempli? Nous demandons au chauffeur à quelle heure nous partons. Sa réponse nous ôte vite le sourire affiché sur nos visages depuis que nous avions trouvé le bon van. Nous devons attendre la fin du marché à 13 heures, soit dans 5 heures…

Notre excursion pour Sajama commençait fort.

A 16H30, nous arrivons enfin à l’entrée du parc national de Sajama. Le paysage est fantastique, face à nous le «Sajama», son sommet sous la neige et ses 6542 mètres!

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Je demande au "ranger" les toilettes qui m’indique une petite maisonnette au loin. Après 3 heures et demie de van, je cours vers la maison, impatiente. En fait, il s’agit de trois murs sans porte et d’un trou dans le sol. Face à la porte, un homme qui m’observe. Gênée, je le regarde et lui fait comprendre que j’apprécierai qu’il se retourne. Comment lui faire comprendre, ici tout le monde s’accroupi pour ses besoins n’importe où. Ce matin les ruelles de Patacamaya étaient jonchées d’excréments… Et quand je dis tout le monde c’est vrai, ce ne sont pas que les enfants, les hommes, les femmes… Ce matin j’avais déjà eu l’occasion de faire pipi en compagnie d’une mamie. Forcément ça crée des liens!

Nous nous enregistrons à l’entrée du parc qui nous trouve une chambre chez l’habitant. Nous sommes contents d’arriver à nos fins, non seulement nous sommes ici mais en plus nous allons chez l’habitant, enfin nous allons connaitre le mode de vie des boliviens et nous rapprocher de la population.

On peut dire que nous n’avons pas été déçus… Nous voulions vivre à la locale, c’est-ce que nous allons avoir!

Dans le village, toutes les maisons sont identiques, et la notre n’y échappe pas, un torchis compose les murs, une cour intérieure et toutes les pièces qui donnent vers l’extérieur, aucune ne communique. Il y a donc la pièce principale où dorment la propriétaire et sa fille, notre chambre qui est en quelque sortes la chambre d’hôtes (j’ai pas pensé à demander combien d’épis), la cuisine avec un réchaud à gaz et c’est à peu près tout, et les toilettes au fond de la cour, enfin juste le socle parceque bien sur, elles ne sont pas alimentées en eau, il faut aller remplir un seau avec l’unique point d’eau de la maison, un robinet au milieu de la cour… Enfin il y a une porte et après l’épisode à l’entrée du parc je ne vais pas me plaindre!

Dans la cour, une montagne de peau de lamas entassées -on a du faire un méchoui le week-end dernier - (de quoi faire pas mal de tapis de Barbie comme quand j’étais petite avec des peaux de lapins, beurk!) une tête de lama en décomposition dans une bassine d'eau, de la viande qui sèche au soleil et bien évidement les mouches qui vont avec!

Pas la peine de vous précisez qu’il n’y a pas de salle de bain.

Ils n'ont l'électricité que depuis huit mois, avant, ils utilisaient uniquement l'energie solaire.

Welcome home!!!

Nous trouvons un hôtel et négocions une douche chaude pour 5 bolivianos, soit 0,5 euros.

Du bonheur la douche chaude surtout que la nuit commence à tomber et les températures avec, nous sommes à 4200 mètres d’altitude, forcément.

Nous faisons tous nos repas dans ce même hôtel qui propose un seul menu pour 15 bolivianos, soit environ 1,5 euros: une soupe, un plat principal et un trimaté, c’est une infusion d’anis, de camomille et de coca.

Ce soir c’est soupe de riz, suivie d’une viande avec de la purée. En fait tous les repas sont similaires, la soupe est toujours une soupe avec des féculents (soupe de riz, soupe de pommes de terre, soupe de maïs…) puis le plat est toujours une viande accompagnée de patate et de riz, ce n’est pas patate ou riz, non non, les deux, si vous ajouter à cela un morceau de pain, c’est fini, vous ne décollez plus de la table. Nous avons eu riz cuisiné avec pomme de terre à l’eau et le lendemain riz frites!

En revanche, nous avons enfin gouté de la viande de lama. C’est un peu comme de la viande de bœuf avec un petit gout spécifique.

Repus par notre riz et nos patates, nous allons nous coucher, épuisés par tant d’émotion.

Il fait extrêmement froid et l’isolation n’est pas fantastique. Nous dormons tous les deux dans un petit lit pour avoir plus chaud et empilons toutes les couvertures que nous trouvons pour nous réchauffer. Ici les couvertures sont en laine de lama tellement tressées que l’air ne passe pas au travers. Au final, nous avons un poids sur les jambes qui nous interdit tous mouvements dans le lit.

Le lendemain au réveil, Guillaume me prie de rester au lit, il me prépare le petit-déjeuner.

Un peu de romantisme dans ce contexte, je suis preneuse!

Je me lève et le rejoins dehors, impatiente de boire un thé chaud. Je m’installe et attend sagement la tasse qui me réchauffera les mains.

A ma grande surprise, Guillaume arrive avec un bébé lama dans les bras!

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Un peu trop tôt pour du lama, je vais me rabattre sur le thé…

Ce matin, nous restons au village où toute l’école participe à une course. Les enfants doivent courir jusqu’au pied de la montagne et revenir.

A 4200 mètres d’altitude c’est ingrat, mais les enfants le font aisément. Quand je pense que je suis essoufflée rien qu’en enfilant mes chaussettes…

Le directeur de l’école nous propose de nous joindre à eux mais nous prétextons ne pas avoir les bonnes chaussures pour nous en sortir…

Nous préférons marcher jusqu’à un site de source chaude.

A une heure et demie du village, il y a des sources thermales chaudes.

Cool, on se demandait justement où nous allions nous doucher aujourd’hui!

Nous marchons donc jusqu’à arriver face à un petit bassin d’eau chaude. Nous sommes seuls dans la nature et un peu surpris car normalement, nous devions payer un droit d’entrée. Nous nous baignons au milieu de ce cadre fantastique où seuls les lamas nous observent.

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Après avoir bien profité de ce moment de solitude face aux montagnes, nous décidons de marcher un peu plus et d’explorer les alentours. Après seulement vingt minutes de marche, nous découvrons le site officiel de sources chaudes avec droit d’entrée et autres touristes, oups!

Nous avons du aller sur un site privé…

Le gardien a tout de même trouvé bizarre que nous faisions toute cette route à pied pour ne pas nous baigner…

 

Nous passons une seconde nuit dans notre charmante chambre puis repartons le lendemain par l’unique mini van de la journée à 6H30.

Malgré les galères rencontrées, c’était vraiment deux journées fantastiques.

D’abord parce que pour la première fois depuis que nous sommes en Bolivie, le gens nous disaient bonjour, et puis le cadre était vraiment spectaculaire, malgré les difficultés liées à l’altitude.

 

Céline.

Publié dans Bolivie

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V

alors est- ce votre espagnol, la coca ? avait- ils l"intention de vous faire tourner en lama euh non! en bourrique?,,,, vous avez du couleur locale qui vous laissera plein de bons souvenirs en
espérant que le" soroche " vous laisse un peu en paix gros bisous


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C

Hola Chicos!!!

Que bellos lugares...pero que feo lo del "toilettes". Mais c'était genial le petit bassin d'eau chaud; vous vous êtes bien profités quelle chance!!!

Una abrazo y saludos


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C

eh oui vivre couleur locale cela a ses avantages et ses inconvenients, mais cela fait les meilleurs souvenirs! et puis avec toute les economies que vous allez faire en bolivie vous allez pouvoir
repartir.
quand a moi j'ai des reves plein la tete puisque je pars au mois d'aout faire le tour du mont kailash au tibet
bises et bonne continuation couleur locale...............


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